LETTRE À UN OTAGE

ANTOINE DE ST EXUPERY

Musique composée et exécutée en direct
à la clarinette par Jean-Marc FESSARD



Quand il rédige "Lettre à un otage" en 1942, Antoine de Saint Exupéry est à New York.
Seul, exilé, dans un pays qui l'adopte mais que lui n'adopte pas, il cherche à revenir en France pour reprendre la lutte.
Tous les ponts avec la plupart de ses amis sont coupés.
Avant d'entreprendre "Le Petit Prince" dont Léon Werth sera le dédicataire, il va s'adresser directement à cet ami-là.
Juif, communiste (ah les amitiés de St Ex, de La Roque à Léon Werth !), journaliste, homme de lettres, Werth vit reclus, caché, dans l'Ain. Les lois raciales de Vichy ont fait de lui un paria, heureusement protégé par une chaîne de solides amitiés à qui il devra finalement la vie sauve.
Saint Exupéry, profitant de la distance qui les sépare, va lui lancer un salut fraternel et résolu, et par lui à tous les proscrits, comme il jetterait une bouteille à la mer, mais avec la certitude que cette lettre atteindra son but.
Pour cela, il va reprendre un projet de préface d'avant-guerre qu'il avait entrepris pour le lancement d'un livre de Werth, mais en l'amplifiant, en lui donnant la résonance d'un pamphlet.
Cette "lettre" ne ressemble à rien qu'il ait déjà écrit.
D'une forme à la fois simple et brillante, quotidienne et lyrique, c'est un hymne magnifique à la fraternité entre les hommes.
A travers la figure de son ami juif, lui Saint Exupéry, le catholique fervent, va écrire le plaidoyer le plus ardent et le plus enflammé pour la reconnaissance et l'acceptation de la différence entre les hommes.
Pour ce faire, il va largement se servir de ses souvenirs personnels, replonger dans son expérience de la solidarité, de la guerre d'Espagne au compagnonnage des escadrilles.
Si la différence entre les hommes existe, loin d'être un handicap ou une menace, elle doit se vivre comme une richesse réciproque.
Comment ne pas entendre ses paroles comme un message d'espoir au début de notre XXIème siècle, où les exclusions et les intolérances sont devenues tristement habituelles.


Durée : 1h 00