LA FEMME ET LE PANTIN

Pierre Louÿs

Adaptation et réalisation

Jean-Paul SCHINTU

Musiques : Granados, de Falla, Villa Lobos



Il faut que tu apprennes, me disait-il, à pouvoir, malgré tout, ne plus aimer.

Plutôt une longue nouvelle qu’un roman, mais écrit au fer rouge, brûlant, incandescent de la passion. Passion absolue, totale, destructrice, qui va entraîner Don Mateo, le narrateur, dans un dédale de compromissions, d’humiliations et de renoncements.
Le récit nous dévoile jusqu’à quelle déchéance peut mener cette sorte de passion amoureuse, exploitée par le cynisme et la perversité. La femme désirée, tour à tour ange et démon, feignant de se donner pour mieux se reprendre, jouant de la séduction et du mépris, passant de l’amour envoûté à la haine assumée. Mythe de la femme fatale, magnifiée et inquiétante, parée de toutes les beautés et de tous les maléfices.
Ce narrateur, incapable de porter un jugement définitif sur l’objet de sa convoitise, qui devient la projection idéalisée de ses propres contradictions ; les déchirements du vieillissement masculin se dérobant derrière une malice et une cruauté prétendument féminine. Ce gentilhomme ou ce bourgeois qui se découvre violent et vulgaire comme un charretier…
Ecrit dans une langue tendue et élégante, frémissante et sensuelle, le récit est construit de courts chapitres, comme autant de marches conduisant Don Mateo vers l’issue fatale.

Roman emblématique de la passion dévastatrice –qui va inspirer nombre de cinéastes de Steinberg à Bunuel– et dont on trouve la trace dans plusieurs récits antérieurs de la Manon de l’Abbé Prévost, à la Sara de Récif de la Bretonne, en passant par la Charpillon de Casanova…

Je ne crois pas à ces coups de dés qui régiraient les destinées.
Il fallait que cette femme me reprît sous sa main.



Durée : 1h 00