LE NEZ

Nicolas GOGOL

Adaptation et réalisation
Jean-Paul SCHINTU

Musique Dimitry CHOSTAKOVICH



Quoiqu’on en puisse dire, de tels évènements se produisent parfois ; rarement, j’en conviens, mais ils se produisent tout de même.

Quelle horrible chose que de se lever un matin et de constater dans sa glace que son nez a disparu… disparu, oui ! enfui ! envolé ! volatilisé !

Passé la première stupeur, c’est bien la honte qui envahit tout ; son rouge qui n’en finit pas de s’étaler sur tout le visage ; ce visage qu’il faut dérober à la vue des passants puisqu’il a subi, dans la nuit et à l’insu de tous, l’ablation du nez, et qu’on risque de saigner… du nez ! Rouge de sang et rouge de honte !
Comment s’arrange-t-on pour sortir ? Et où aller sans son nez ? On ne peut pas rendre visite aux dames… puisqu’on n’a plus de nez…
Un homme sans nez ! On ne sait ce que c’est ! Ni homme ni oiseau. Il n’est bon qu’à jeter par la fenêtre…
Le mieux serait dans un premier temps de le retrouver et de lui intimer l’ordre de revenir… Mais voici qu’on l’aperçoit en habit de Conseiller d’Etat… mais le bougre ne nous reconnaît pas, ne veut rien savoir et disparaît à nouveau ! D’avoir retrouvé sa liberté le rend méprisant et arrogant !
Prévenir la police ? Faire imprimer dans un journal un avis de recherche ? Se renseigner aux objets trouvés ? Comment faire d’abord pour vivre sans…? D’autant que la rumeur se répand dans la ville : un nez habillé en Conseiller d’Etat que plusieurs personnes croient apercevoir en différents endroits !
Mais la chance sourit au moment même où l’on n’espérait plus ; le nez est retrouvé, ramené chez son propriétaire par un officier de police. Mais il ne sera pas aussi aisé de lui faire regagner sa place au milieu du visage…

Verve satirique, gesticulation verbale, exhibition, satire corrosive…Chef d’œuvre de la littérature fantastique --les surréalistes plaçaient cette nouvelle au-dessus de tout !— ce Nez de Gogol est surtout un génial « canular » où se déploie un sens inouï de la narration, capable de susciter à la fois le rire et la compassion.


Durée : 1h